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Côte d'Ivoire/Réconciliation nationale, libération des détenus politiques: Danièle Boni Claverie crache ses vérités au régime

Culture, 14.05.2018 08:09, vu 355 fois
Danièle Boni Claverie, présidente de l'URD a demandé la libération des prisonniers politiques
Danièle Boni Claverie, présidente de l'URD a demandé la libération des prisonniers politiques
Marraine de la cérémonie d’investiture des coordinations URD du Haut Sassandra, Danièle Boni Claverie, présidente de cette formation politique, a livré un message le samedi 12 mai 2018 en appelant à la libération des détenus politiques pour une réconciliation vraie en Côte d’Ivoire. Ci-dessous l’intégralité de son message.
« En ce jour spécial de l’investiture de nos coordinations, permettez- moi de vous féliciter, vous tous qui êtes présents ici, les militants, les sympathisants mais aussi tous ceux qui sont venus ici parce qu’ils sont tout simplement des démocrates, épris de paix et de justice et qui croient au combat mené par l’URD et l’opposition significative.
Merci pour votre engagement à faire avancer la Côte d’Ivoire sur le chemin de la paix, de la réconciliation nationale et de l’unité retrouvée entre tous les fils et filles de ce pays. Le chemin est long et difficile mais notre persévérance, j’en suis sûre, nous permettra de trouver des solutions aux difficultés et injustices que nous subissons aujourd’hui. Chers militants, notre parti, l’URD a une histoire. Depuis plus de 12 ans, nous travaillons et construisons petit à petit, lentement mais sûrement, avec conviction, dans la constance de la vérité et de l’honnêteté, les sillons d’une Côte d’Ivoire nouvelle, d’une Côte d’Ivoire réconciliée avec elle-même et tous ses vaillants fils et filles. Nous travaillons à faire de chaque Ivoirienne et Ivoirien des personnes de qualité, à la recherche de l’excellence, capables de créer un développement nouveau où la macro économie ne nous étouffe pas sous des chiffres mirobolants d’une croissance bientôt à 2 chiffres, alors que les populations ne recueillent aucune retombée, aucune amélioration de leurs conditions de vie qui au contraire se dégradent au niveau du quotidien et la hausse du prix du carburant en est une nouvelle preuve.
C’est pourquoi, chers militants, je vous engage à avoir l’ambition d’être des modèles. Notre devise nationale, nous l’oublions trop souvent est « Union, Discipline et travail » et en tant que citoyens, nous devons défendre et vivre ces valeurs.
Vous devez savoir que l’engagement politique est une question de volonté personnelle, de conviction et de détermination. C’est vrai que faire de la politique quand vous ne rentrez pas dans la pensée unique du RHDP, cela risque de vous faire vivre de dures réalités : la confiscation de vos libertés individuelles et collectives, des arrestations arbitraires, des passages à la sinistre DST, des emprisonnements injustifiés, des gazages récurrents même si nos marches se veulent pacifiques. Nous avons connu tout cela mais en tant que démocrates et militants, je vous demande de défendre la république avec votre cœur, vos tripes et votre verbe. Allez partout, parlez, expliquez, faites connaitre notre vérité. Je vous mets en mission. Aujourd’hui plus que jamais, la Côte d’Ivoire a besoin de nous. Il est regrettable que le Pouvoir rejette la moitié de sa population sous le vocable de « pro Gbagbo », entretenant ainsi la division, la haine, le népotisme et la politique de rattrapage. 7 ans après la crise électorale, ne serait-il pas temps de se pardonner pour s’aimer à nouveau. Le Président Houphouët-Boigny a toujours prôné le dialogue, l’amour, le consensus. Pourquoi ses héritiers ou ceux qui se réclament de lui, n’arrivent-ils pas à se libérer de cet esprit de vengeance et de règlement de compte.
Monsieur le Président de la République, je me permets de m’adresser à vous directement, en tant que citoyenne de ce pays et aussi parce que mon âge m’autorise à dire certaines vérités. Votre peuple, Monsieur le Président, aspire à la paix, à la réconciliation et ne veut plus de cette logique belliqueuse et répressive que vous lui imposez depuis 7 ans. Comment pouvez-vous ignorer la moitié de la population, écarter délibérément une grande frange de la société de la vie politique, administrative et sociale sous le prétexte qu’elle est « pro Gbagbo », ce qui est vrai. Mais cela ne fait pas de l’opposition des parias ou des hors la loi. Contester pacifiquement est un droit constitutionnel et réclamer une réforme consensuelle de la CEI, c’est vouloir tout simplement créer les conditions d’élections justes et transparentes. Pourquoi refuser le dialogue que nous vous demandons. Sachez que les seules armes que nous utilisons sont la parole et la détermination qui nous vient de l’amour que nous portons à notre pays. Or en Côte d’Ivoire, le pardon, le dialogue et la réconciliation font partie de notre arsenal culturel et contribuent ainsi à renforcer ce lien social qui constitue notre ciment commun. Alors, Monsieur le Président, la seule voie qui s’offre à vous pour apaiser les cœurs et fondre les 2 camps en un seul peuple, celui des Ivoiriens, c’est que vous décrétiez une amnistie générale qui seule pourra réparer les torts causés aux uns et aux autres et donner un véritable contenu à la réconciliation nationale. La libération de Simone Gbagbo et de tous les détenus politiques sont des éléments fondateurs de la paix sociale. M. Ouattara a déclaré le 1er mai, « qu’il n’y avait pas de prisonniers politiques dans notre pays ». Il est vrai que ce terme est embarrassant pour le Chef de l’Etat et son gouvernement. Il est vrai que la meilleure chose qu’ils savent faire depuis qu’ils sont au pouvoir, c’est de travestir la réalité et maquiller le mensonge pour le faire passer pour une vérité. Eh bien, nous, nous disons que quel que soit le terme utilisé, peu nous importe, toutes ces personnes dans les geôles ivoiriennes se démarquent des droits communs parce qu’elles sont détenues pour leurs opinions politiques ou pour leur participation à des activités politiques pacifiques. Le Parlement est monocolore et ne peut être ce lieu où s’exprime le débat démocratique. Le Pouvoir, je l’ai dit, refuse tout dialogue avec l’opposition. Il ne nous reste plus, que la rue comme espace d’expression et même cela, on nous le refuse puisqu’on gaze tous nos manifestants. M. Gervais Tchéidé, vice-président du FPI et Directeur de cabinet du Président d’ EDS a été arrêté alors qu’il arrivait sur l’un des sites de la marche organisée par EDS. Il est maintenu à la Maca sous le motif fallacieux qu’un mandat aurait été lancé contre lui en 2013. Que dire de Simone Gbagbo, AssoaAdou,…………….. sans oublier tous les anonymes. Que dire de M. Ali Gbizie, qui vient d’obtenir une mise en liberté provisoire alors qu’il n’a jamais été jugé. Tant que la justice des vainqueurs s’exercera contre un seul camp et qu’on déroulera le tapis rouge aux vainqueurs de la crise postélectorale, nous sommes obligés pour nous identifier de parler de prisonniers politiques. Sachant que j’ai rencontré le plus illustre d’entre eux à la Haye, je sais que vous êtes impatients d’avoir de ses nouvelles. Je tiens à dire que le Président Laurent Gbagbo va bien de même que Charles Blé Goudé. Certaines personnes mal intentionnées ont voulu faire croire que le Président était diminué par sa détention. Certes, je ne suis pas médecin et je ne peux vous dire que ce que j’ai ressenti tout au long des 4 heures qu’a duré notre entretien. J’ai retrouvé le fin politique qu’il est, son humour, ses analyses pleines d’acuité ainsi que sa parfaite connaissance de tout ce qui se passe en Côte d’Ivoire. N’oublions pas cependant, qu’ils sont des détenus et que depuis si longtemps, ils vivent l’absence de liberté et l’enfermement dans des cellules de prisonniers. C’est ça qui es dur, c’est ça qui est injuste, c’est ça qui est inacceptable. Heureusement, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent en Europe pour dénoncer ce procès honteux, ce procès inique, ce procès bâclé par la CPI mais je suis convaincue que Dieu dans sa justice le fera sortir, à la surprise générale et bien plus vite que ses détracteurs ne le pensent. En attendant, la Côte d’Ivoire souffre. Elle souffre de la mal gouvernance de ses dirigeants, de son insécurité, de la corruption effrénée de ses élites et de l’administration mais aussi du laxisme des citoyens. Lorsque le Chef de l’Etat dit que « la Côte d’Ivoire est aux portes du paradis », de quel pays parle-t-il. Nous sommes devenus le paradis de la fraude, du vol et des détournements et la gangrène s’étend aux piliers nourriciers de l’Etat, les régies douanières et financières. Le scandale du guichet unique n’a pas fini de faire des vagues et il sera difficile à étouffer. Pendant que la classe politique au pouvoir se complait dans des méandres politiciens réduisant nos problèmes de l’heure à des confrontations stériles d’hommes ou de partis au sein du RHDP, il y a urgence pour relever la Côte d’Ivoire, d’entreprendre des réformes sociales pour faire face à la cherté de la vie, le chômage des jeunes, la mauvaise qualité des services publics de l’Education et de la Santé. Pendant encore combien de temps, les Ivoiriens vont-ils vivre avec la peur au ventre parce qu’ils sont à la merci des humeurs des soldats de M. Ouattara et de leurs mutineries à répétition. Si le gouvernement a estimé qu’il était nécessaire de décréter une alerte maximale de ses forces de défense pendant 18 jours, c’est que les autorités accordent du crédit au plan de ceux qui avaient, paraît-il, projeter de kidnapper le CEMA. De toute façon, on ne fait pas décoller impunément des hélicoptères de combat sous le fallacieux prétexte d’assurer leur maintenance.
Alors que l’émergence, nous dit-on, frappe à notre porte, à Bouaké, à Ferké, à Katiola et bien d’autres endroits ainsi que dans certains quartiers d’Abidjan, nos compatriotes sont obligés de retourner au puits, à la rivière, parfois aux marigots pour espérer boire quelques gouttes d’eau. Et face à cette situation, la seule solution du gouvernement est,tout en organisant une rotation de 15 camions citernes pour résoudre le problème d’eau des régions sinistrées, de compter sur la clémence de la météo. Est-il normal dans un pays pauvre tel que le nôtre d’imposer de nouvelles institutions budgétivores telles que la vice-présidente, le sénat ou la chambre des rois. Mais lorsqu’il s’agit de modifier la CEI, plus personne ne nous écoute alors que cette Commission est partiale, déséquilibrée et aux ordres avec à sa tête, un Président, M. Youssouf Bakayoko qui pour nous, a perdu toute crédibilité depuis l’élection de 2010. Nous allons poursuivre notre combat pour que les décisions de la Cour de justice africaine des Droits de l’Homme s’appliquent en Côte d’Ivoire et que nous puissions, pour éviter tout trouble électoral, nous doter d’une CEI équilibrée, indépendante et neutre. Chers militants, ne vous laissez pas distraire par ceux qui se basent sur les quelques dissonances de l’opposition pour la qualifier de faible. C’est vrai, nous ne parlons pas d’une seule voix mais ce n’est pas ça qui est essentiel. Les diverses plateformes qui existent sous quelque forme que ce soit défendent les mêmes valeurs, les mêmes dossiers et ont les mêmes orientations. C’est pourquoi, j’affirme ici que l’opposition significative saura se concerter pour désigner en 2020, 2 candidats pour un ticket gagnant PR et vice-président. Le FPI de Laurent Gbagbo se met déjà en rang de bataille avec ses alliés dans la perspective d’une victoire éclatante que nous obtiendrons à travers des alliances intelligentes. Chers amis, chers militants, chers parents,
Mettons-nous au travail. 2020, ce n’est pas loin. L’URD depuis 12 ans apporte sa petite pierre pour construire la Côte d’Ivoire. Allez vers tous vos frères, ayez de la mesure dans vos propos mais soyez fermes dans vos convictions. Imprimez l’URD dans le cœur de tout Issia, de tout le Haut Sassandra où, grâce à vous, nous sommes bien implantés. Ayez aussi de la mémoire car je ne saurai venir à Issia sans avoir une pensée envers un digne fils de la région et un grand militant de l’URD. Je veux parler de M. Edmond ZEGBEHY BOIZO qui en plus d’avoir été mon vice-président était un ami. Je salue avec émotion sa mémoire et je terminerai mon propos comme il aurait aimé le rappeler. Ce sont les idées, la force des convictions et le travail persévérant qui triomphe de toutes les difficultés.
Que le Seigneur veille sur chacun d’entre vous ».
Je vous remercie.

Source : sercom

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