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Vendredi 6 décembre

Discriminations ethniques, clientélisme et favoritisme, présidentielle 2020,… : le Cardinal Jean Pierre Kutwa dénonce de graves maux et sonne l’alerte

Economie, 14.10.2019 09:37, vu 204 fois
Cardinal Jean Pierre Kutwa
Cardinal Jean Pierre Kutwa
L’Archevêque d’Abidjan, le Cardinal Jean Pierre Kutwa, a présidé ce samedi 12 octobre 2019, la messe de la rentrée pastorale de son diocèse pour l’année 2019 – 2020 placée sous le thème : ‘‘Pour vivre en communion, faites aux autres, ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous’’ Cf. Mt.7, 12. Cette tribune a été une occasion solennelle pour le dignitaire catholique de lancer un message fort à l’endroit des Ivoiriens et d’interpeller, en particulier, des dirigeants politiques, sur les inquiétudes qui montent à 12 mois des prochaines élections présidentielles. Ci-dessous un extrait de son adresse.

(…) Depuis quelques années, et je l’ai déjà affirmé, en Côte d’Ivoire, on appartient avant tout à l’ethnie du lieu. La localisation est devenue importante. Même si, dans le cosmopolitisme des villes, les populations vivent ensemble, sans grandes difficultés apparentes, on désigne volontiers les personnes par leur ethnie. Qu’est-ce qu’il est ? Cela veut dire : de quelle région vient-il ? Quand on cherche quelqu’un, c’est presque toujours par son identité ethnique ou nationale qu’on vous l’indique. Nous avions déjà à cette époque, un signe annonciateur des difficultés que nous rencontrons aujourd’hui. Toujours à propos de l’état des lieux, je voudrais rappeler à votre souvenir, les propos que j’ai tenu lors de la messe pour la paix en décembre dernier, propos j’avais souligné des faits qu’il me plaît de reprendre ici encore. Il se dit de plus en plus en Côte d’Ivoire que les grands marchés de l’Etat sont passés de gré à gré et que ce sont toujours les mêmes personnes qui en tirent profit. Si cela est avéré, ne se trouvent-ils pas en Côte d’Ivoire, d’autres compétences à même de réaliser ces marchés ? Le clientélisme, le favoritisme, la corruption sont de bien vilains défauts dont nous devons nous délaisser si nous voulons une Côte d’Ivoire vraiment une et prospère et cela ne saurait se faire en se passant de compétences avérées ! L’actualité récente de notre pays a été marquée par les élections locales et générales que nous avons tous suivi avec un certain intérêt pour la simple raison qu’elles nous apparaissaient comme un ballon d’essai pour les élections de 2020. Sans être pessimiste ou alarmiste encore une fois, ce qui nous a été donné de voir n’augure pas des lendemains calmes et sereins. Faudra-t-il qu’avant ces échéances importantes pour la vie de notre nation, nous exigions des politiques une charte de bonne conduite ? Nous n’avons qu’un seul pays, la Côte d’Ivoire ! Notre devise, ne nous invite-elle pas à l’Union ? Est-ce pour nous une simple vue de l’esprit, un slogan vide et creux, un vœu pieux ?

« Bruits de couloir peu rassurants »

Comme je le disais dans mon message de Noël pour cette année, si l’horizon 2020 nous interroge tous, un regard rétrospectif sur notre vivre ensemble ainsi que les dernières élections d’octobre et de décembre 2018, nous commandent de renouer au nom de Dieu avec cette sagesse qui a fait le bonheur et la joie de vivre sur cette terre de Côte d’Ivoire. Rappelons-nous que la crise post-électorale a semé désarroi et désolation. Elle a meurtri le cœur des hommes et éprouvé la foi des croyants. A tous, elle a imposé chagrin et fardeau et mis à mal ce goût d’éternité que Dieu nous propose à tous en nous donnant son Fils ! Les problèmes qui sont les nôtres touchent également à notre écosystème et le Pape émérite Benoit XVI ne croit pas si bien dire quand il affirme que ‘‘des hommes et des femmes d’affaires, des gouvernements, des groupes économiques s’engagent dans des programmes d’exploitation, qui polluent l’environnement et causent une désertification sans précédent. De graves atteintes sont portées à la nature et aux forêts, à la flore et à la faune, et d’innombrables espèces risquent de disparaître à tout jamais. Tout cela menace l’écosystème tout entier et, par conséquence la survie de l’humanité.’’ (10). C’est volontairement que je passe sous silence le phénomène des enfants en conflits avec la Loi comme on les appelle ici chez nous. Je ne voudrais pas citer non plus les récentes attaques perpétrées contre des postes de polices et autres commissariats qui ne sont pas sans nous rappeler un passé récent mais douloureux ! À dessein, je passe sous silence les bruits de couloirs dont la teneur n’est pas du tout rassurante. Que dire de nos écoles et universités publiques toujours sous la menace de grèves ; et notre système sanitaire, que devient-il ? Puis-je me permettre de souligner en passant, la dérive de notre jeunesse, espoir de demain ? Serait-ce exagéré de dire que le pays inquiète sur le plan social à l’orée de l’année 2020 qui semble toujours cristallisée nos regards ?

‘’Richesses et répartition’’

Comme vous le savez certainement, ‘‘…tout programme fait pour augmenter la production, n’a en définitive de raison d’être qu’au service de la personne. Il est là pour réduire les inégalités, combattre les discriminations, libérer l’homme de ses servitudes, le rendre capable d’être lui-même l’agent responsable de son mieux-être matériel, de son progrès moral et de son épanouissement spirituel. Dire: développement, c’est en effet se soucier autant de progrès social que de croissance économique. Il ne suffit pas d’accroître la richesse commune pour qu’elle se répartisse équitablement. Il ne suffit pas de promouvoir la technique pour que la terre soit plus humaine à habiter. Les erreurs de ceux qui les ont devancés doivent avertir ceux qui sont sur la voie du développement des périls à éviter en ce domaine. La technocratie de demain peut engendrer des maux non moins redoutables que le libéralisme d’hier. Économie et technique n’ont de sens que par l’homme qu’elles doivent servir. Et l’homme n’est vraiment homme que dans la mesure où, maître de ses actions et juge de leur valeur, il est lui-même auteur de son progrès, en conformité avec la nature que lui a donnée son Créateur et dont il assume librement les possibilités et les exigences. Etre soi-même auteur de son progrès est une grande responsabilité qui invite à prendre conscience que l’homme ne vit pas seul mais en société. Ce vécu en société induit indubitablement des droits et des devoirs pour tous selon les lois dont nos Etat-nations se sont dotés librement. Comme vous le savez certainement, L’Eglise, a de tout temps fourni une contribution importante, et même décisive, par son engagement en faveur de la défense et de la promotion des droits de l’homme : dans des milieux fortement imprégnés d’idéologie, où les prises de position radicales obscurcissaient le sens commun de la dignité humaine, l’Eglise a affirmé avec simplicité et énergie que tout homme, quelles que soient ses convictions personnelles, porte en lui l’image de Dieu et mérite donc le respect. C’est également au nom de l’engagement de l’Eglise en faveur de la défense et de la promotion des droits de l’homme que je m’étais autorisé à dire lors de la clôture de l’année pastorale écoulée, qu’il s’agit pour nous de comprendre qu’avec Dieu, nous devons toujours accepter d’aller en eau profonde, de comprendre que pour vivre ensemble, il faut prendre la décision de ne faire à personne ce que nous ne voulons pas que l’on nous fasse à nous-mêmes, d’où le choix du thème suivant pour cette année pastorale nouvelle que le Seigneur nous offre: ‘‘Pour vivre en communion, faites aux autres, ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous.’’ Cf. Mt. 7, 12

II- Pour vivre en communion, faites aux autres, ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous. Cf. Mt. 7, 12

1- De la nécessité de vivre en communion à l’idée d’une Eglise-communion

La nécessité pour nous de vivre en communion se comprend bien dans la prière que le Christ à faite pour ses disciples de tous les temps : ‘‘Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux.’’ (Jn 17, 20-26). Que tous soient un ! C’est bien là aussi le chemin que notre Eglise en Côte d’Ivoire essaie d’emprunter depuis quelques années. En effet, notre église veut être une Eglise-communion autonome, au service de tous. Mais l’Eglise-communion au service de tous ne peut être indifférente de ce qui se vit à l’intérieur de la société à laquelle elle appartient ! En effet, dans la prière que le Christ adresse à Dieu son Père, on voit bien que c’est l’union entre les croyants qui donne à comprendre le Mystère d’amour et de communion mutuelle entre le Père et le Fils. Ainsi, Dieu se fait connaître à celui qui le cherche et Il lui montre parfaitement son amour. Par ailleurs, lorsque nous lisons ce passage, nous le comprenons comme une prière que Jésus adresse à son Père pour l’unité de tous ses fidèles car Lui seul, le Père, pourra faire advenir cette unité nécessaire à la foi en Jésus. Remarquons ici que c’est Dieu le Père qui est interpellé dans l’activation de son projet sur l’homme. Nous pourrions également comprendre que le Fils demande à son Père de permettre que ses disciples soient un, donnant ainsi à l’homme, la capacité d’œuvrer à être un avec ses autres frères, disciples du Fils. En somme, l’unité des disciples est pour Jésus, le seul facteur pour que le monde croie en lui. Si le monde croit et confesse que le Christ est le seul Sauveur, envoyé par le Père, alors il sera sauvé (cf: Rm 10, 10).


La responsabilité de l’Eglise

Selon la vison de la Conférence des Evêques catholiques de Côte d’Ivoire, l’Eglise communion autonome, au service de tous ne sera ce qu’elle est que par une solidarité vécue au concret. Pendant des années les Evêques ont réfléchi à la concrétisation de cette solidarité, une solidarité sans comparaison, une solidarité qui ne peut se réaliser sans renoncement et sans sacrifice, une solidarité, signe d’une vraie vie d’Eglise dont les membres n’ont qu’un seul cœur et qu’une seule âme (cf. Ac 2-4). Vous réalisez qu’une telle solidarité ne peut se vivre sans l’engagement généreux d’un laïcat dévoué sans calcul au service de l’Eglise. C’est l’heure de prendre conscience que l’Eglise-communion autonome, au service de tous, c’est vous, c’est nous tous et que sans la conjugaison de nos efforts, l’Eglise ne pourra jamais atteindre ses objectifs de solidarité concrète. L’Eglise-communion autonome, au service de tous, non seulement a pour obligation d’organiser la solidarité en son sein, mais elle est encore tenue d’occuper sa place dans la participation à la construction d’une société pacifiée où il fait bon vivre. Cela ne peut se faire sans une réflexion sur sa place et son rôle qui débouche sur une parole et une action. Vivant dans un contexte donné, où une certaine effervescence se vit autour des grandes questions de la réconciliation, de la sécurité, des élections démocratiques, les réflexions de l’Eglise-communion autonome, au service de tous, ne peuvent faire la politique de l’autruche, ignorant les problèmes dans lesquels elle évolue avec ses membres. C’est pourquoi, notre Eglise sera toujours présente là où se joue l’avenir de nos populations dans l’intérêt de tous, sans parti pris, sinon celui de la vérité évangélique. Entre un mutisme complice et une parole subversive, destructrice, l’Eglise doit se positionner. Comme nous le devinons, sa position ne saurait s’accommoder d’un discours partisan ; sa position ne peut que s’inspirer de l’Evangile qui indique la parole nécessaire, opportune, bonne et constructive, pour reprendre les mots de l’Apôtre des Nations (cf. Ep 4, 29). Finalement, l’Eglise ne saurait se dérober à un tel engagement au service de la société, dans la mesure où le Magistère est plus que clair à ce sujet. L’Eglise, dans la constitution pastorale Gaudium et Spes du Concile Vatican 2, est présentée comme le signe de la fraternité qui rend possible le dialogue entre les hommes malgré leurs diversités (cf. GS 92 §1). Un des chemins pour vivre cette communion et pour parvenir au bonheur, c’est justement, de ne faire à personne ce que nous ne voudrons pas qu’il nous fasse ou mieux, de faire aux autres ce que nous voulons qu’ils fassent pour nous. (…).



Source : Abidjan.net

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