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Seize personnes ont trouvé la mort et 12 autres blessées dans un accident de la circulation, samedi à hauteur du village d’Aniassué, à 22 km d’Abengourou, dans l’Est de la Côte-d’Ivoire. Un dépassement mal maîtrisé serait à l’origine de cet accident provoqué par un minicar, communément appelé Massa. Selon des témoins, le conducteur du minicar en provenance d’Abidjan
Vendredi 18 octobre

Côte d'Ivoire/Contravention routière:Tout sur la destination de cette manne financière

Société, 24.06.2019 09:47, vu 265 fois
ROUTIERE
ROUTIERE
Où va l’argent des contraventions, lorsqu’une infraction liée au code de la route est commise ? Quel est cet automobiliste qui ne s’est jamais posé cette question, lorsqu’il est surpris dans une mauvaise manœuvre par les surveillants de la circulation ? Sans toutefois entreprendre des démarches pour assouvir sa curiosité. Une préoccupation qui nous taraudait l’esprit depuis peu, finira par se dévoiler à nous dans des conditions encore plus marrantes. Notre équipe de reportage apprendra à ses dépens, dans la soirée du jeudi 20 juin dernier, face aux hommes de la brigade routière de la gendarmerie d’Agban. Une rencontre qui sera riche en information pour l’équipe. Suivez !

C’est que ce jour-là, notre équipe de reportage, le cadreur et le chauffeur en ma compagnie rentrant des dernières collectes du Festival de la Culture et des Arts Dan (FECA DAN), aussitôt est sollicitée pour une urgente information dans le centre des affaires d’Abidjan, notamment la commune du Plateau.

N’ayant pas consulté le mail du journal la veille, je m’inquiète du retard devant l’urgence de l’informateur qui rappelle le rendez-vous pour heures 17 heures 30 minutes. L’équipe partie de Cocody Angré pétro-ivoire, décide d’éviter les nombreux bouchons du boulevard Latrille des II Plateaux, en empruntant un détour au niveau du carrefour Duncan, pour relier la voie du ZOO d’Abidjan et regagner le tronçon Paillet-Williamsville pour Adjamé. Le projet à peine mis en exécution, que notre conducteur répondant aux initiales de T.A reçoit un coup de fil. Il hésite un instant avant de céder à la tentation. Il décroche le téléphone.

Nous sommes alors sous le coup de la loi à ce moment précis. Car, selon le décret n° 2013-711 du 18 octobre 2013 , il est interdit de faire usage du téléphone portable et de tout autre moyen de communication en situation de conduite automobile. Début de notre supplice, puisse qu’un agent de la brigade routière d’Agban posté non loin de là, égrenait tous nos faits et gestes. D’un geste plein d’autorité, il nous fait signe de garer. Nous entamons donc les négociations avec l’agent en déclinant notre identité, espérant qu’il soit indulgent à l’infraction que nous venons de commettre. Cette étape des négociations n’ayant pas produit l’effet escompté, T.A (notre conducteur) essai une autre astuce. S’approchant de l’agent, il lui marmonne quelques mots à l’oreille.

Le simple regard de l’agent pouvait livrer le contenu du petit entretien, que notre chauffeur venait d’avoir avec lui. D’un air furieux, il rétorque : «Monsieur, je ne suis pas ce genre de personne. Votre permis de conduire et les pièces affairantes à la mise en circulation de votre véhicule svp ».

Nous sommes pris dans le piège et l’agent l’ayant constaté, nous sommes tenus de nous plier aux désidératas de ce dernier. Vaut mieux pour nous se conformer. La contravention s’élève à dix mille francs (10.000) CFA. Selon l’agent, deux options s’offrent à nous pour le règlement de l’amende. Soit à la direction générale de la trésorerie d’Abidjan, ou à la brigade routière de la gendarmerie d’AGBAN. Le choix de la gendarmerie d’Agban nous semble plus judicieux avec la soif amusée d’assouvir la petite enquête sur cette question de contravention.

De petites découvertes

Il est 18 heures 09 minutes, lorsque nous arrivons à la gendarmerie d’Agban. Un premier fait attire notre attention. Contrairement aux autres bâtiments opposés, les locaux de la brigade routière font peaux neuves. Toutefois, cela ne serait comparable au décor qui se présentera à nous, lorsque nous nous retrouverons dans les parvis de la brigade routière d’Agban. Accrochés au mur, les portraits des anciens différents commandants supérieurs de la gendarmerie nationale, depuis l’époque de l’indépendance à ce jour. Un nom particulier attire notre attention : «Moussa Sanon». Un chef d’escadron, qui fut le tout premier à diriger ce corps d’élite de l’armée ivoirienne, du 1er août 1961 au 20 décembre 1963. Plus qu’une découverte, nous nous sentons revivre l’histoire de la Côte d’Ivoire à travers le décor qui se propose à nous.

Loin de nous éloigner de notre sujet, objet de notre présence en ces lieux, nous sollicitons la rencontre du premier responsable de la brigade. A notre grand étonnement, on nous fait savoir qu’il se trouve dans ses locaux à cette heure pareille de la soirée. Il nous introduit dans le bureau de ce dernier. En sa présence, nous jouons la carte de la compassion à laquelle, notre interlocuteur ne se laissera pas prendre, parce qu’intransigeant. Nous y apprendrons par la suite que le rôle de la brigade routière est de constater les accidents de la circulation routière et de réprimer toutes les infractions liées au code de la route. A savoir, le non port de la ceinture de sécurité, le non-respect des panneaux de signalisation, l’excès de vitesse, l’usage du téléphone portable en situation de conduite automobile…

A la question de savoir où part l’argent des contraventions, notre interlocuteur répondra que les amendes prélevées, sont directement reversées dans les caisses de la trésorerie générale d’Abidjan. «Nous recevons de cette structure nationale, des dizaines de carnets de contraventions. Croyez-moi, le trésor en vous remettant ces carnets, attend forcement en retour, de l’argent. C’est cela notre mission et nous comptons bien l’exécuter. Il a fallu un travail de sensibilisation citoyen de nos différents chefs hiérarchiques. Nous en sommes fiers» explique en toute assurance notre vis-à-vis. Poussant notre curiosité certainement cynique en lui déclarant, «n’est-ce pas parce qu’il sait notre identité qu’il s’exprime ainsi », voici ce que déclare le commandant de brigade bien droit dans ses bottes : «L’histoire reconnait que la gendarmerie nationale est un corps d’élite dans toute sa dimension et dans tous ses compartiments. Que moi personnellement je sois en face de journalistes ou toute autre autorité, je tiendrai le même discours. Nous servons l’Etat surtout, lorsque nous avons devant nous des dirigeants de valeurs et de conviction qui rassurent. L’intérêt national d’abord».

Un accueil pur

Sur ces faits et propos, nous nous proposons de nous acquitter de la contravention. Nous serons particulièrement frappés agréablement par l’accueil, mais aussi par la tenue qu’arborent des agents en service. Courtois et prêts à tout expliquer ; les agents qui nous reçoivent en répondant à notre curiosité relative à la vie des différents anciens commandants supérieurs affichés dans le hall, commencent par nous proposer du café, du thé et même de nous connecter au réseau wifi de la brigade. Avec sourire, nous déclinons l’offre que nous acceptons. S’en suit un véritable cours sur les devoirs des automobilistes et la compréhension des différentes contraventions payées aux lieux indiqués. Face à cet accueil et cette bienséance, nous nous acquittons de cette somme avec un reçu de paiement à la solde, qui ira directement au trésor ivoirien. Combien rapportent-elles à l’Etat ? Une question importante mais qui ne trouvera toute son utilité que dans l’action de tous les acteurs qui favorisent l’action citoyenne du service publique, du petit agent au chef et l’équipe. En sortant des locaux de la gendarmerie d’Agban, nous sommes confortés dans la lutte, contre les violations des règles, liées au code de la route. Et notre rendez-vous du Plateau où notre informateur qui piaffe de nous rencontrer ? L’accueil au poste de la gendarmerie d’Agban nous aura fait oublier l’urgence qui sera tout de même honorée

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Source : Yann Ouassa/ Sercom

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