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Côte d'Ivoire/Gouvernance politique: Comment Ouattara a soufflé le chaud et le froid en 2018

Politique, 02.01.2019 10:00, vu 434 fois
Alassane Ouattara
Alassane Ouattara
Alassane Ouattara a-t-il amélioré sa gouvernance à moins de deux ans de la fin de son mandat ? Que retenir de sa gestion durant cette année 2018 qui vient de finir? Telles sont en réalité des questions fondamentales que se pose l’Ivoirien lambda au vu du bilan qu’il peut dresser de la gouvernance de Ouattara. En jetant un coup d’œil dans le rétroviseur, on peut dire durant cette année 2018, Alassane Ouattara s’est voulant démocrate sans pour autant l’être en fin de compte. Certains faits et non des moindres attestent d’une gestion des affaires de l’Etat aux antipodes de la pratique démocratique. Et pourtant que n’a dit Ouattara dans son adresse de fin d’année tenu le 31 décembre 2017 ? Morceau choisi. « En 2018, nous continuerons à renforcer notre maturité démocratique et à moderniser notre pays, notamment par la mise en place des différentes Institutions telles que prévues par la Constitution de la IIIe République. Oui, nos Institutions doivent être fortes et crédibles pour permettre une paix durable et bâtir une nation forte. A cet effet, nous organiserons en 2018, les élections municipales, régionales et sénatoriales. Ces élections seront une nouvelle occasion de renforcer l’alliance du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp). Je voudrais, à nouveau, saluer mon aîné, le Président Henri Konan Bédié pour son engagement constant dans la construction de ce grand rassemblement qu’est le Rhdp ». La réalité contraste avec la vérité.

Le Sénat, un véritable fiasco !

Si le locataire du Palais d’Abidjan-Plateau a tenu le pari d’établir le Siège du Sénat à Yamoussoukro, après celui de la Chambre des Rois et Chefs Traditionnels, » traduisant ainsi notre volonté de poursuivre les opérations de transfert de la capitale à Yamoussoukro », la question qui se pose est qu’en est-il de son opérationnalité ? A ce jour le Sénat apparait plus à une institution de trop, voire budgétivoire et donc sans intérêt réel pour les Ivoiriens. A l’analyse, cette institution sera d’un fiasco total en attendant la prise de décisions courageuses. Il faut noter que le Sénat est la chambre haute du Parlement ivoirien avec la Troisième République en 2016. Il assure la représentation des collectivités territoriales et des Ivoiriens établis hors de Côte d'Ivoire. Deux tiers des 99 sénateurs sont élus au suffrage universel indirect. Le tiers restant est désigné par le président parmi les Ivoiriens reconnus pour leur expertise et compétence dans les domaines politique, administratif, économique, scientifique, culturel, sportif, professionnel et social. Le mandat des sénateurs est de cinq ans. Mais depuis lors, Ouattara peine à nommer ce tiers, rendant du coup cette institution inapte. Est-ce sa mésentente avec Henri Konan Bédié y est pour quelque chose ? Certainement. En tout état de cause, la gouvernance Ouattara aura été fortement marquée aussi par son adresse du 6 août 2018. Un discours que bon nombre d’observateurs ont qualifié de rupture, ce d’autant qu’il devrait augurer d’un lendemain meilleur dans le jeu politique national.

Libération de Simone Gbagbo et certains cadres du Fpi, certes, mais d’autres priorités demeurent

Il est bon de noter que c’est ce 6 août 2018 qu’Alassane Ouattara a tenu un discours rassembleur. A première vue. « Le Père de la nation, le président Félix Houphouët-Boigny, disait qu’il n'y a pas de sacrifice trop grand pour la paix. C’est pourquoi, en raison de mon attachement à la paix et à une réconciliation vraie, j'ai procédé, ce lundi 6 août 2018, à la signature d’une ordonnance portant amnistie. Cette amnistie bénéficiera à environ huit cents (800) de nos concitoyens, poursuivis ou condamnés pour des infractions en lien avec la crise postélectorale de 2010, ou des infractions contre la sûreté de l’Etat commises après le 21 mai 2011, date de ma prestation de serment en qualité de président de la République. Cependant, une soixantaine de militaires et de membres de groupes armés ayant commis des crimes de sang ne seront pas concernés. Je voudrais préciser que sur les 800 personnes concernées par cette amnistie, environ 500 sont déjà en liberté provisoire ou en exil et verront leurs condamnations pénales effacées ; de ce fait, il sera mis fin aux poursuites à leur encontre. Il en sera de même pour les trois cents (300) autres personnes détenues, qui seront libérées prochainement. Au nombre de celles-ci, figurent notamment Madame Simone Ehivet Gbagbo, Messieurs Lida Kouassi, Assoa Adou et Souleymane Kamaraté dit soul to soul ». Telle est la décision prise par Alassane Ouattara qui loin d’être saluée de tous, a laissé subsister une gêne. Pourquoi, le chef de l’Etat ivoirien n’est-il pas aller au bout de sa logique d’homme de paix ? Comme il prétend le dire ? Jusque-là des appels à la libération de la soixantaine de militaires et de civils sont sans suite. De quoi a peur M. Ouattara ?

La réforme de la Cei pose toujours problème, le nœud gordien de la gouvernance Ouattara

Autre bémol dans la gouvernance Ouattara durant cette année, on notera la réforme de la Commission électorale indépendante (Cei). Longtemps réclamée par l’opposition dans son ensemble et la société civile, la refonte de la Cei ne semble pas être la priorité pour le pouvoir Ouattara. Pire, il continue d’entretenir le flou, repoussant l’attente des Ivoiriens à des périodes incertaines. Alors que dans son même discours du 6 août 2018, Alassane Ouattara a présenté l’image d’un homme d’Etat prêt à écouter son peuple. « J'ai (….) suivi avec attention les divers avis sur le processus électoral, en particulier la composition de la Commission électorale indépendante. Je voudrais réaffirmer, encore une fois, que la composition actuelle de la Commission électorale indépendante résulte d’un large consensus de tous les acteurs politiques Ivoiriens de premier plan, après la crise post-électorale. D’ailleurs, ils y sont tous représentés. Cependant, comme le recommande notamment la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples, j’ai instruit le Gouvernement à l'effet de réexaminer la composition de la Commission électorale indépendante. Je souhaite, en effet, que les prochaines élections soient inclusives et sans violence ». Dixit Alassane Ouattara avant de nier sa propre parole en évoquant que la réforme de la Cei concerne les élections de 2020. Mais plus les jours avancent, plus les Ivoiriens perdent espoir dans cette réforme de l’organe en charge des élections. L’organe s’illustre toujours maladroitement. Les dernières élections locales en disent long sur l’impérieuse nécessité de sa réforme. Que d’incidents et même de pertes en vies humaines n’a-t-on pas enregistrés au cours de ces échéances locales ? Les Ivoiriens retiennent toujours leur souffle quand au cas encore pendant de Grand Bassam. Où le Rhdp et le Pdci se livrent une bataille féroce. Chaque camp revendique la victoire.

La crise Ouattara-Bédié, un autre bémol

La gouvernance Ouattara a aussi été fortement dominée par la crise ouverte avec son ex-allié du Pdci-Rda. Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara ne parlent plus le même langage. La rupture étant devenue définitive, non sans occulter les conséquences. Les deux camps se livrent une bataille par presse interposée et par différents cadres avec en point de mire le congrès constitutif du Rhdp-unifié dont Alassane Ouattara est membre influent. Dans la foulée, Ouattara use de la politique de la chasse aux cadres du Pdci dans les administrations publiques, alors que le Pdci persiste et signe pour dire que le divorce d’avec son ex-allié est consommé. Point besoin de revenir sur sa position. Aussi, Henri Konan Bédié s’est reclus dans sa ville natale, Daoukro où il s’active à la mise en place d’une nouvelle plateforme de l’opposition. Le Sphinx de Daoukro multiplie les rencontres avec certains acteurs politiques, dont Soro Guillaume, le président de l’Assemblée nationale. Lui aussi en bisbille avec Alassane Ouattara. Un nouveau paysage politique en vue qui fait aussi craindre une menace sécuritaire avec la grogne des ex-combattants.

Menace persistante des ex-combattants

« Nous demandons au gouvernement de libérer nos amis avant les fêtes de fin d’année afin qu’ils puissent venir fêter en famille. Sinon nous allons attaquer tous les corridors. Personne ne va fêter ici ».Ainsi menaçait Bamba Alassane, porte-parole des x-combattants membres de la Cellule 39, au cours d’un point de presse qu’il a improvisé le 22 décembre 2018 dans les décombres d’un marché de Bouaké bouffé par les flammes, pour réclamer la libération de ses amis qui ont été faits prisonniers à Abidjan par ceux qui les y ont invités pour des discussions en lien avec leurs revendications. L’information a été rendue publique mercredi 26 décembre 2018, par le confrère « Générations Nouvelles » qui est largement revenu sur les différentes péripéties de la crise dite des « primes Ecomog » qui oppose depuis fin mai 2017, le pouvoir Ouattara à ce monstre qu’il a lui-même créé. Selon le confrère, chacun des ex-combattants révoltés réclame un dû estimées à 18 millions Francs, plus d’autres avantages dont le galon de caporal pour ceux d’entre eux qui sont intégrés dans les effectifs des forces armées de Côte d’Ivoire (Faci). Et Lginfos aussi dans sa parution de jeudi 27 décembre 2018, en a fait un large écho. C’est dire que la gouvernance Ouattara marche sur des œufs. Le spectre de la menace plane toujours et laisse entrevoir une gestion opaque de ce dossier. Mais aussi et surtout on peut déduire que M. Ouattara a préféré souffler le chaud et le froid sans trouver de solutions aux préoccupations des Ivoiriens. Après 7 ans de pouvoir donc, les années passent et se ressemblent.

Yann Ouassa

Source : Yann Ouassa

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